|
L’étude menée à l’automne 2008 par Demos auprès d’une trentaine de (très) grandes entreprises françaises vient confirmer l’ancrage du eLearning dans les dispositifs de formation... et que blended learning et tutorat n’ont plus rien d’une abstraction..
L’étude se distingue par son choix d’une analyse qualitative des pratiques blended learning et tutorat, encore assez peu connues, sur un échantillon volontairement réduit de très grandes entreprises déjà consommatrices de eLearning.
Modalité e-learning
Le premier traite du « eLearning pur ». Avec d’emblée une bonne bonne nouvelle : 93% des entreprises ont l’intention d’augmenter leurs investissements dans les 2 ans (37% prévoient même une forte augmentation). Des entreprises dont le patrimoine de contenus eLearning contient le plus souvent à la fois du « sur mesure » et du « sur étagère » : preuve d’une réelle maturité (capacité à gérer différents types de contenus, de prestataires) et d’un bel opportunisme (pourquoi réaliser du spécifique quand il existe un standard de bonne qualité).
On ne s’étonnera pas que la bureautique (77%) et les langues (63%) figurent dans les trois domaines standards les plus cités... On relèvera surtout que les formations au management et au leadership prennent la tête... Les managers étant aux avant-postes en période de crise, la formation contribue à l’alignement de leurs compétences sur les besoins stratégiques de l’entreprise.
Quant aux « lieux » d’apprentissage, l’étude confirme l’universalité de la formation au poste de travail (90% des entreprises), ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes d’organisation (qui reste le premier frein au eLearning), notamment dans l’articulation entre temps de travail et temps de formation.
Quels sont les avantages du eLearning pour ces entreprises ? La réponse est sans ambiguïté : il permet de réduire les coûts (63% des réponses), et dans une moindre mesure, il est particulièrement utile dans les déploiements massifs de formation... Si seulement les apprenant pouvaient s’en contenter !... Mais non : le défaut d’accompagnement apparaît comme le deuxième frein au développement du eLearning.
D’où l’idée judicieuse d’observer comment les entreprises accompagnent leurs salariés par des dispositifs de type blended learning ou tutorat...
Les dispositifs de formation mixte sont en plein essor
De fait elles sont de plus en plus nombreuses (84%) à utiliser la formation mixte tout en jugeant (56%) que le principal obstacle réside dans la complexité de conception et de mise en œuvre. Car pour la grande majorité le blended learning n’est pas un simple eLearning enrichi, mais « des formations présentielles refondues avec une durée écourtée, étroitement articulées avec des modules eLearning »... Il y a sans doute là un marché porteur pour les grands organismes de formation qui ont déjà l’expérience du reengineering de leur propre catalogue de formations présentielles.
Autre obstacle : le coût... Où l’on touche à la limite du blended learning : vu comme indispendable à l’efficacité du eLearning, il ne doit néanmoins pas remettre en cause le potentiel d’économies. Limite qui s’exprime clairement : 44% des entreprises ont réussi à réduire le temps de présentiel d’au moins 30%... Le décollage des classes virtuelles devraient contribuer à cette approche : 40% des entreprises ont le projet d’y investir dans les prochains mois.
Inévitable tutorat à distance
Le troisième volet de l’étude concerne le tutorat à distance. 63% des entreprises font appel à des tuteurs extérieurs (prépondérance des domaines langue et bureautique) et 58% à s’appuyer sur les formateurs internes, ce qui traduit l’une des évolutions repérées des métiers de la formation. Les experts métiers sont peu requis : faute de temps, sans doute, à un moment où les expertises partent nombreuses à la retraite.
D’une façon générale, les entreprises ne comptabilisent pas les temps de tutorat... tout en pointant paradoxalement que l’un des freins en reste le coût, les tout premiers obstacles étant le manque d’accompagnement (47%)... des tuteurs, et leur peu de disponibilité (32%).
L ’étude précise aussi que les tuteurs réservent peu de temps au tutorat (pour 38% d’entre eux, moins de 5%).
Les principaux outils de communication utilisés sont l’email (tutorat asynchrone) quand le tuteur est extérieur et le téléphone (tutorat synchrone) quand le tuteur appartient à l’entreprise. Les logiciels de classe virtuelle viendront sans doute bousculer ce classement immuable depuis des années.
L’entreprise a beau avoir formé les tuteurs préalablement à leur mission, l’idée générale se dégage d’un nécessaire effort de professionnalisation des dispositifs tutoraux en entreprise.
Communiqué DEMOS
|